Avis de lecteurs

Emilie  ne se sent pas à sa place au milieu des autres enfants de son âge. Ce qui la réconforte c’est la présence des chevaux. Là, au milieu des crinières au vent, elle se sent bien, elle se sent elle-même. Pour sauver un petit mustang sauvage, promis à l’abattoir, Emilie va tout tenter. Contre les autres et pour être fidèle à sa personnalité, en un mois Emilie se donne mission d’arriver à ses fins. Malgré les obstacles et les railleries, elle va peu à peu se découvrir, nourrir une amitié vraie et ressentir ses premiers émois. Ce très joli livre de Marie Leymarie, qui signe ici son quatrième roman, est une invitation sur les sentiers de l’amitié, des différences et de l’acceptation de soi. Elle y décrit avec justesse et délicatesse le temps de l’adolescence où le regard de l’autre est si important, si difficile à supporter.  Une douce relation naît  entre le lecteur et Emilie, cette jeune fille si atypique, tournée vers la nature et amoureuse des vers de Rimbaud. A découvrir dès 12 ans.

Les p’tits lus ; Anne Loyer et Cécile Bodarwé, journalistes à Midi Loisirs.

 

Depuis le départ de sa mère, il y a plusieurs années, Emilie a tellement peur de souffrir d’un nouvel abandon qu’elle refuse qu’on l’aime et fuit tout signe d’affection. Seuls les chevaux trouvent grâce à ses yeux, en particulier un petit mustang sauvage qu’elle cherche à apprivoiser et qui lui ressemble beaucoup.

Un petit roman très juste sur une adolescente qui se réfugie dans l’agressivité et le silence pour fuir tout risque de nouvelle souffrance. Comme le petit mustang, elle finira par se laisser apprivoiser mais, avant, on souffre pour elle et avec elle.

Commentaires : La lenteur du début du roman permet de mieux ressentir la nécessité de la patience dans l’apprivoisement d’un être (homme ou animal) surtout lorsqu’il a souffert et n’a plus confiance. La réticence du cheval, malgré l’amour qu’Emilie éprouve pour lui, l’aide à comprendre sa propre attitude vis-à-vis de son entourage : il y autour des adultes et même des camarades de classe qui veulent l’aider. Pourtant elle les repousse tous. Cette expérience, limitée dans le temps (1 mois seulement), lui permet de dépasser sa propre souffrance et de découvrir l’amour et le respect de son entourage pour elle-même. Elle ne comprend qu’à la fin de l’histoire que c’est le départ de sa mère (sept ans plus tôt) qui l’a terriblement blessée et tout au long du roman on ressent cette douleur.

Un livre plein d’émotion et très positif, très adapté à notre public.

Babelio

 

Voilà sept ans que sa maman est partie, comme ça, sans ménagement. Émilie s’est murée dans un silence malade. Elle entretient avec son père une distance froide, déteste les regards appuyés des garçons et ricane des préoccupations trop futiles des copines. Seuls les « mal-aimés » trouvent grâce à ses yeux : il y a Steve, par exemple, le paysan complètement marginal, qui a planté un tipi devant sa porte et vissé un chapeau de cow-boy sur sa tête; et Mustang, le cheval frêle et inaccessible qu’elle rêve d’apprivoiser. Il arrive qu’une bourrasque d’émotion entre sans crier gare dans sa retraite. Alors Émilie s’enivre de vent glacé ou plonge dans les colonnes de Cheval magazine : ce silence fragile semble museler un immense appel au secours.

Un roman ado tout hérissé d’épines et ruisselant d’amour ; des mots justes griffonnés entre le trop plein et le trop vide ; et puis quelques dessins « bavards » :un sécateur, un miroir, un pot de miel, un fer à cheval.

Les incos

Ce livre m’a enthousiasmée car il y a du suspense, de l’amour entre les animaux et les humains et, en même temps, l’histoire raconte la vie de tous les jours. J’ai trouvé le personnage d’Emilie très attachant.

Justine

C’est un joli roman sur l’adolescence à fleur de peau qui est une nouvelle fois proposée dans cette collection Hors Piste qui publie des récits courts mais sensibles à destination des jeunes lecteurs.

Depuis le départ de sa mère, Emilie s’est renfermée sur elle-même, au point de négliger son travail scolaire, de ne plus sortir de son mutisme et de s’éloigner de ses amis qu’elle traite avec agressivité, mépris et condescendance. Et ce n’est pas avec son père qu’elle pourrait parler. Seuls les chevaux du ranch voisin l’apaisent et la poussent à extériorise ses sentiments refoulés. Avec eux, elle a l’impression, de pouvoir enfin communiquer, être comprise et être aimée. Lorsqu’elle apprend qu’un d’entre eux, Mustang, est sur le point d’être mené à l’abattoir, elle décide de l’apprivoiser, sans se douter que cela lui permettra de s’apprivoiser elle-même.

Emilie se sent proche des chevaux, et plus particulièrement de Mustang, un cheval effrayé par la présence des hommes et qui refuse de se laisser approcher. La ressemblance entre Emilie et Mustang est particulièrement frappante puisqu’Emilie refuse également de se laisser aimer, de peur d’être abandonnée comme avec sa mère. Mais tout ceci n’est expliqué que par touches successives dans le roman, en des allusions si implicites et si floues que parfois, le lecteur n’a pas une vision claire et globale des causes du comportement d’Emilie. Mais comme tous les adolescents, même ceux qui n’ont pas vécu de drame personnel, elle a sa part de rébellion irrationnelle qui surgit à n’importe quel moment et qui la pousse à réagir de façon encore plus excessive que d’ordinaire.

Les relations avec les autres, les premiers flirts, les discussions entre filles, elle refuse tout en bloc, même lorsque ses plus proches amis tentent encore et encore de l’aider et de l’inclure dans leurs projets. Le texte est empreint de violence émotionnelle, de tristesse et de souffrance de la part de cette jeune fille d’un quinzaine d’années qui n’accepte tout simplement d’être heureuse et qui préfère se complaire dans ses pensées. Heureusement, elle trouve une passion avec les chevaux et petit à petit et libérera ses émotions.

Une histoire un peu trop courte mais empreint de douceur et de pudeur qui laisse une forte impression une fois le livre refermé.

Trinity